Kasserine

Kasserine est une ville située au centre-ouest de la Tunisie ; elle est le chef-lieu du gouvernorat du même nom. La municipalité de Kasserine s'étend sur 12 km2 et comporte deux arrondissements créés par un décret du 17 mars 1992 : les cités Ennour et Ezzouhour. La population atteint 76 243 habitants en 2004 Histoire - Antiquité : Kasserine compte parmi les rares villes anciennes qui doit sa célébrité au rôle stratégique, politique et économique qu'elle a joué dans l'Antiquité. Connue sous le nom de Cilium ou de Scilli sous l'Empire romain, la cité est édifiée vers l'an 80, sous le règne de l'empereur Vespasien, fondateur de la dynastie des Flaviens. Depuis, elle a su conserver en son sein quelques vestiges qui témoignent du développement et de la stabilité qu'elle a connu aux époques romaine puis byzantine. Les principaux sites historiques qui datent de ces périodes sont un forum, un arc de triomphe bâti en l'honneur de l'empereur romain Septime Sévère, un capitole, un théâtre, plusieurs maisons, une église paléochrétienne, un fort byzantin ainsi que deux mausolées, le mausolée des Flavii et le mausolée des Petronnii. - Moyen Âge : Au ve siècle, Kasserine est le lieu de prédilection de saint Augustin. Celui-ci y fait construire un monastère, où le Patrice Solomon trouve la mort en 544. après la désastreuse bataille de Cillium contre les Maures. Selon Procope de Césarée, historien byzantin du vie siècle, Solomon était né aux environs de Dara ; il succède à Bélisaire dans le gouvernement de l'Afrique sous l'Empire byzantin, avant d'être titré Patrice, et joue un rôle important dans les guerres contre les Vandales et les Maures. - Époque contemporaine : À l'époque contemporaine, Kasserine porte une histoire particulière de lutte et de révoltes. En 1864, dans un contexte d'augmentation de la mejba, les tribus sortent d'une perspective strictement locale et se lient avec d'autres tribus pour organiser une révolte. Les premières populations à se révolter sont les tribus de l'intérieur du pays, à savoir les Mejer et les Frachich de la région de Kasserine, les Jlass et les Oueslat de la région de Kairouan, les Ouled Ayar de la région de Makthar et les Hemamma de la région de Sidi Bouzid. Ces mouvements, désordonnés dans un premier temps, se coordonnent et portent Ali Ben Ghedhahem, cheikh des Majer, à la tête du mouvement de révolte. En avril 1864, constatant l'ampleur de la révolte, Sadok Bey annonce qu'il renonce au doublement de la mejba. Kasserine joue également un rôle décisif lors des combats de la bataille de Kasserine, au cours de la Seconde Guerre mondiale, en apportant une aide précieuses aux alliés contre les forces germano-italiennes de l'Axe. De 1952 à 1954, la lutte des fellagas participe à précipiter la fin du protectorat français. En 1984, la ville est touchée par le soulèvement des « émeutes du pain » ainsi que lors de la révolution de 2011, où plus d'une cinquantaine de personne sont tuées par les forces de l'ordre.

Partager: