Alors que la vaste majorité des Tunisiens (98 %) s’identifient culturellement aux Arabes, certaines études tendent à indiquer qu’ils seraient ethniquement plus proches des Berbères mais aussi de certains Européens : « Comparés avec d’autres communautés, notre résultat indique que les Tunisiens sont très liés aux Nord-Africains et aux Européens de l’Ouest, en particulier aux Ibériques, et que les Tunisiens, les Algériens et les Marocains sont proches des Berbères, suggérant une petite contribution génétique des Arabes qui ont peuplé la région au viie ou viiie siècle.
» Toutefois, de nombreuses civilisations ont envahi le pays puis ont été assimilées à des degrés divers : Phéniciens, Romains, Vandales venant d’Allemagne, Ottomans et enfin Français.
De plus, beaucoup de musulmans et de juifs arrivèrent d’Andalousie à la fin du xve siècle.
Les premiers Arabes orientaux, venus à partir du viie siècle avec les conquêtes musulmanes, ont contribué à l’islamisation de la majeure partie de l’Ifriqiya.
À cette occasion se créent quelques villes nouvelles dont Kairouan et Mahdia.
C’est à partir du xie siècle, avec l’arrivée des tribus hilaliennes chassées d’Égypte, que l’arabisation linguistique et culturelle devient déterminante.
Certains groupes, descendants des Berbères, ont cependant su conserver leur langue et leurs coutumes, souvent en raison de leur enclavement géographique.
En effet, de nos jours, ils habitent souvent les régions de montagnes (Matmata, Tataouine, Gafsa ou Sbeïtla).
Toutefois, les berbèrophones, qui représentent une minorité ethnique au Maroc et en Algérie, restent peu nombreux en Tunisie3.
Presque la totalité des Tunisiens (98 % de la population) est de confession musulmane sunnite, principalement de rite malikite.
De la forte population juive qui a existé durant 2 000 ans, il n’en reste plus qu’une infime partie, vivant principalement dans la région de Tunis et à Djerba, car la majorité des Juifs tunisiens ont émigré vers Israël ou la France.
Il existe également une petite population chrétienne.
Les quelques tribus nomades, minoritaires, sont pour la plupart intégrées et sédentarisées.
La Tunisie a dépassé le cap des dix millions d’habitants en 2005, ce qui correspond à un triplement de sa population depuis 1956 (3 448 000 habitants) et à un doublement depuis le début des années 1970.
Néanmoins, la croissance démographique ralentit, le pays accélérant sa transition démographique dans les années 1990.
L’indice de fécondité recule graduellement : le nombre d’enfants par femme est passé de près de six dans les années 1960 à 3,4 en 1994 puis à 1,71 en 20103.
Ainsi, l’accroissement annuel est réduit à 1,08.
Mais la Tunisie est aussi un pays qui connaît un taux important d’émigration : le nombre de Tunisiens résidant à l’étranger est évalué en 2009 à 1 098 212 personnes dont 83 % résident en Europe.